Interview de Manon Fouquet dans la “Balle au Centre”, journal de Sciences Po

Posté par nouveaucentrescpo le 26 mars 2009

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Manon, tu es connue dans ta région, et en particulier de ton département, mais un peu moins au niveau national. Parle-nous un peu de toi?

Militante de centre droit depuis l’âge de quinze ans, je me suis engagée au CDS, puis à Force démocrate et à
la Nouvelle UDF, avant de rejoindre le Nouveau Centre, héritier de cette famille de pensée. Ma famille est originaire de la région Centre, plus précisément du Loiret. J’ai suivi des études de droit et d’administration publique à Paris I, avant de suivre le cursus de directeur d’hôpital à l’ENSP (devenue l’EHESP) et un master de Droit médical à l’université de Tours. Après quatre ans comme directrice adjointe, au Centre hospitalier de Chinon puis au CHU de Tours, j’ai pris la direction d’un établissement de santé privé à Ballan-Miré, où je réside et suis conseillère municipale d’opposition. Mes passions : l’Europe de l’est, la littérature russe classique et contemporaine, le militantisme de terrain, en restant à la fois idéaliste et pragmatique (c’est un challenge…).

Tu appartiens à un parti dont le “code génétique” est l’Europe, et en particulier le fédéralisme européen. Concrètement, qu’est-ce que l’Europe politique pour toi?

Pour moi, l’Europe politique est ce qu’il nous appartient de bâtir, en tant que nouvelle génération européenne. Nos aînés ont construit l’Europe de la paix, d’abord sur des solidarités pratiques (charbon et acier), puis par le développement d’une harmonisation européenne, notamment sur la libre circulation et l’adoption de normes communes sur des thématiques relevant d’un niveau supranational, dans le respect du principe de subsidiarité. Désormais, il nous faut aller plus loin : mettre l’Europe en mouvement pour favoriser une union politique plus forte. Cela implique de reconnaître que tout ne peut pas être fait à 27 ; si je suis attachée au cadre commun de l’Union, je pense qu’il faut promouvoir des rapprochements plus étroits entre pays volontaires, sur la base d’objectifs communs et d’une vraie volonté de partage de pouvoir. Faire ensemble, ce n’est pas renoncer à ses compétences, mais leur donner plus de portée et d’efficacité. En ce moment, malgré les difficultés rencontrées au départ, la crise économique pousse à davantage de coopération entre pays de l’Union : les plans de relance n’auront que davantage d’efficacité s’ils sont coordonnés. Le monde de demain sera multipolaire, l’Europe politique doit se concrétiser rapidement pour assurer à chacun des pays et à l’ensemble de la communauté la place qui lui revient au niveau planétaire.

En tant que jeune, et en tant que femme, quelles devraient être les priorités de l’Union Européenne selon toi?

Le fait d’être une jeune femme ne résume pas mes convictions… Il est vrai que la jeunesse s’accompagne d’un certain idéalisme, que j’espère d’ailleurs conserver toujours, même s’il évolue à l’épreuve des faits et des expériences. En tant que femme, je porte une attention particulière à la problématique de l’égalité des chances et de traitement entre les sexes. Il y a encore beaucoup à faire… Les priorités de l’Europe selon moi : une politique étrangère et de défense commune, une plus grande coordination économique, sociale et fiscale, le développement au niveau européen de la recherche, en particulier biomédicale. Sur ce dernier point, les enjeux sont immédiats pour nos concitoyens : recherche sur la maladie d’Alzheimer (voir la récente initiative du Parlement européen sur ce thème), le cancer, le sida, ou les maladies orphelines que l’on oublie trop souvent… L’efficacité requiert le rassemblement des fonds et la coordination des équipes de chercheurs, pour avancer plus vite. Il en est de même pour la démographie des professionnels de santé : le livre vert de la Commission européenne trace des pistes intéressantes, à creuser pour créer de vraies mesures communes.

Tu es jeune, pourquoi te lancer dans une élection Européenne dont l’enjeu semble pourtant ne pas intéresser la jeunesse européenne, et la jeunesse française en particulier?
Je l’ai un peu évoqué tout à l’heure : les pères bâtisseurs ont construit l’Europe. Notre génération lui redonnera une âme et la mettra en mouvement. C’est aussi à nous de définir un nouveau mode d’exercice du mandat de député européen, d’inventer un nouveau format, conciliant le travail à Bruxelles et Strasbourg et vraie présence sur le terrain.

A ton avis, quelle est ta valeur ajoutée pour une liste d’union avec l’UMP?

Ce n’est pas à moi de le dire… Consultez mon site internet www.manonfouquet.fr.

Manon, un petit mot pour la fin ?

Merci pour ces échanges à bâtons rompus. Rendez-vous durant la campagne, et je l’espère dans les cinq ans qui viennent…

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